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 «  Il n'est pas vent favorable pour celui qui ne sait où il va » voilà une pensée de Sénèque souvent citée par les grands stratèges. Cette pensée représente bien ce monde où chaque organisation cherche une meilleure postion par rapport à la mondialisation.

Dans un contexte désormais international, lorsqu'une crise se déclanche dans une partie du monde, elle se répand au reste de la planète mais à des degrés divers selon l'origine de la crise. La crise énergétique du mois de juin 2008 a fortement secoué le monde entier. Cela s'est traduit par une hausse généralisée des prix des produits pétroliers favorisant une crise alimentaire mondiale.

A peine trois mois que le monde sort progressivement et relativement de cette situation qu'il se voit confronté à une nouvelle crise financière au moins aussi importante que celle de 1929.

L'objet de cet article n'est  pas de montrer les causes immédiates de la crise, mais de présenter une analyse systémique du libéralisme économique.

La littérature économique concernant cette crise n'a cessé de se développer depuis le déclenchement de la crise financière. Plusieurs grands médias dans le monde font des activités boursières leur principale actualité.

Une fois n'est pas coutume, cette crise vient encore des Etats-Unis, chef de fil du des pays capitaliste. Le système capitaliste a toujours milité en faveur du libre échange. C'est le jeu de l'offre et la demande pratiquement sans intervention de la part de l'Etat. Ainsi, plusieurs personnes ont bâti leur fortune dans ce monde grâce aux principes de ce système dont la non moins importante spéculation boursière. Or, on le sait les anticipations jouent un rôle important dans le déroulement de la conjoncture économique. Certains agents économiques par leur comportement (traders, analystes financiers, hommes d'affaire…) avaient compris depuis plus de un an que le système financier actuel comportaient des failles. Selon les premiers éléments d'enquête dont dispose le FBI (Bureau Fédéral des Investigations) des Etats-Unis, certains particuliers et même des responsables financiers s'échangeaient des correspondances faisant  allusion aux failles de plus en plus perceptibles du  système. Il s'agissait pour la plupart d'alerte et de mise en garde contre un éventuel effondrement du système. Cette dernière phrase nous rappelle étrangement une des principales et plus vielle critique à l'encontre du capitalisme trop libéral.

En effet, Karl MARX, montrait il y'a plus d'un siècle que la crise est la conséquence logique de la contradiction du capitalisme de la concurrence et de la loi de l'accumulation qu'elle suscite. Il  disait en ce moment que le système capitaliste comportait en lui-même les failles propres à son effondrement.

Ainsi, cette analyse de Marx, présente la crise comme un moment de nettoyage, de restructuration du capitalisme par la disparition des entreprises incapables de supporter la concurrence. Malheureusement c'est bien  à cette situation que nous assistons aujourd'hui bien que les Etats  tentent de sauver ce qui peut l'être pour ne pas donner raison à ceux qui ont longtemps critiqué le libéralisme et ses effets pervers.

Les Etats-Unis avec le plan Paulson tentent de sauver les plus grandes entreprises financières du pays afin de maintenir le système financier sur les rails de la croissance économique. Ce qui devrait être un plan d'urgence a pris plus de temps qu'il ne le fallait pour son adoption, pendant ce temps certaines banques faisaient faillite. Cette crise financière n'est que la suite d'un processus débuté récemment par la crise immobilière aux Etats-Unis.

Le plan Paulson bien que amandé par le congrès américain est l'une des plus grandes mesures d'intervention de l'Etat dans le secteur privé. En clair, cette intervention américaine marque les insuffisances du système capitaliste. La principale source de déconnexion entre le libéralisme et l'interventionnisme de l'Etat est la portée ou la conséquence de l'intervention. Loin de refaire le plan Paulson , la collectivité publique et l'intérêt national sont la toile de fond qui confère à ce plan sa signification véritable qui est d'être la pierre angulaire des options tout à la fois  pour les épargnes et pour la croissance.

Pendant ce temps le dauphin européen qui veut déjà éviter la ruée vers les  banques prend des mesures. Ces mesures interventionnistes sont la suite logique de l'idée américaine du plan Paulson. Avant même de descendre dans l'enfer de la crise des banques les Etats européens rassuraient leurs populations en garantissant leurs dépôts. Plus que des mesures économiques ce se sont des opinions politiques qui se sont exprimés. Ainsi N. SARKOZY dans un discours a  parlé de « moraliser le  capitalisme ». Cette attitude a repositionné les discours du socialisme dans un contexte depuis longtemps souhaité par les acteurs militants en faveur d'un interventionnisme économique. Dans ce mouvement de panique les européens allaient en rang dispersé bien que d'accord sur le principe de reprise des banques en difficultés.

Ainsi, face à la dégringolade des valeurs boursières depuis l'Europe des 27 semble piétiner pour trouver les modalités  favorables à la reprise du contrôle des banques en difficulté. Ces volontés de sauvetage ressemblent plus à des nationalisations longtemps combattues par les libéraux. Le système financier mondial est en train de s'effondrer et l'Etats ne peut fermer les yeux, tel est le principal alibi de toute cette acrobatie financière internationale.

Les ministres européens de l'économie viennent de se mettre finalement d'accord ce mardi 06 octobre 2008 sur les fonds de garanties des dépôts des épargnants. Selon toute vraisemblance aucune banque européenne ne pourrait fait faillite. Cette harmonisation de la garantie des dépôts est comprise entre 50000 et 100000 euro. Chaque système tente de sécuriser les dépôts de ses épargnants avec une possibilité de reprise de certaines banques. Ce processus de nationalisation des banques par la prise de participation confère bien la notion de déclin du système capitaliste.

De plus, depuis quelques jours la crise financière est devenue économique malgré les promesses de sauvetage certaines entreprises.

La chute des indices bancaires a  fortement influencé les autres indices boursiers. Ainsi le Lundi 06 octobre 2008 a été une journée dite noire sur toutes les  places financières mondiales en registrant pour certaines valeurs des chutes record. La semaine passée la France annonçait du bout des lèvres une récession économique, conséquence d'une croissance négative sur les deux derniers trimestres.

Par ailleurs le Mardi 07 Octobre 2008, on apprenait la suppression de postes  dans certaines entreprises. C'est le cas de l'industriel OPEL qui annonce la suppression de plus 6000 postes et la fermeture d'une usine en Allemagne. Cette crise qui gagne peu à peu l'économie réelle ne rassure plus personne. On retrouve dans une situation où tout le monde veut du « cash » de l'argent. Face à cette situation  les Etats-Unis et la plupart des pays européens vont injecter de l'argent dans le système bancaire afin de permettre aux principales institutions financières de jouer leur rôle d'intermédiaire entre les agents à capacité de financement et ceux à besoin de financement.

Mais cette mesure rassure peu les agents économiques. La confiance fait place à ma méfiance, plus personne ne veut acheter et les bourses continuent de chuter. Les libéraux semblent se tourner vers l'Etat. Désormais c'est le pouvoir public qui prend les décisions. Est-ce le déclin du libéralisme économique ? Le monde capitaliste et son système financier peuvent-ils résorber la crise ? Quelles sont les solutions des institutions de Breton Wood ?

Dans tous les cas une conclusion fondamentale de l'analyse développée dans cet article  nécessite de situer la responsabilité d'un système trop libéral. Il est important de rappeler que les marchés financiers sont le plus souvent à la base  des grandes crises dans ce monde. Cela est dû sinon à l'absence du moins à l'insuffisance des politiques d'intervention des pouvoirs publics sur le marché. C'est l'épineux problème qui sous tend les idéologies dominantes dans ce monde. Chaque système économique présente des failles, c'est peut-être le moment de montrer un autre visage du libéralisme car ce que l'on ignore peut faire mal.

Article publié sur sur le blog vision du futur par Armand KAN., le 13/10/2008 à  18h05 lien:  www.afroblog.com/blog.asp?code=arnesta07

 

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