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L’insécurité grandissante de la société ivoirienne depuis la crise sociopolitique de 2002, a favorisé l’éclosion de plusieurs compagnies de sécurité privée. Entre 2005 et 2008, le secteur de sécurité privée a vu le nombre des entreprises passer de 100 à 300 compagnies, avec un chiffre d’affaire d’environ 50 milliards de francs CFA en 2008.

La noble ambition des entrepreneurs de ce secteur de vouloir à la fois le chômage et l’insécurité en Côte d’ivoire, a conduit  le gouvernement à s’impliquer d’avantage au niveau de la surveillance des activités dans ce secteur. L’un des points culminants de cette implication gouvernementale, dans la sécurité privée qui existe depuis 1968, s’est traduit par la  mise en application du décret № 2005-73 du 3 Février 2005 portant règlementation des  activités privées de sécurités et transfert de fonds par communiqué de presse № 862 /MI/CAB/ du 28 Novembre 2008. C’est par ce communiqué que le Ministre de l’intérieur a informé l’opinion et les acteurs du secteur de la modalité d’application du décret.

Avec environ 50 mille salariés, contre 35 mille en 2005, le secteur connait aujourd’hui un essor très encourageant. De plus, la plupart des multinationales, les institutions et organismes internationaux ont recours à leur service. Ainsi la création d’emploi par la sécurisation des biens et  des personnes devient une activité de plus en plus prépondérante et lucrative à la quelle s’intéressent depuis toujours d’anciens militaires, policiers et gendarmes à la retraite et des hommes politiques. En clair le secteur de la sécurité privée est devenu un business très compétitif ou les acteurs et les managers rivalisent de créativité.

Bien que ces compagnies ne manquent pas d’ingéniosité en développant de nouveaux services, force est de reconnaitre que la principale volonté des compagnies reste plus orientée vers l’acquisition de nouveaux marchés. En effet à la différence d’autres entreprises et surtout  de certains commerces, la sécurité privée est un secteur très sensible dont on ne connait pas trop souvent les modalités de passation de marché. A partir de l’hypothèse  que  parfois bien de responsables politiques ou acteurs gouvernementaux influencent le processus de passation de marché en déjouant les règles de la concurrence, il parait opportun d’intégrer une démarche plus stratégique favorisant une vraie concurrence. L’enjeu de  cette proposition reste une clairvoyance dans le management des entreprises de la sécurité privée. A l’approche des prochaines échéances électorales marquant sans doute la fin de la crise politico-militaire, il faudra une démarche plus claire à la fois utile aux acteurs privés et publics pouvant garantir une transparence dans ce secteur. De plus, cette démarche pourra permettre à moyen terme le contrôle de secteur par les privés ivoiriens.

Face à ces défis, les entreprises doivent intégrer une démarche d’intelligence économique à leur stratégie afin d’accroître leur compétitivité tout en protégeant leur acquis. La mise en place d’une stratégie organisée et efficace proviendra de la volonté des dirigeants. Ainsi avec des moyens limités les entreprises de ce secteur peuvent se regrouper pour partager et mutualiser certaines informations dont elles ne pourraient pas disposer individuellement.

L’intérêt de cette démarche est de favoriser la concurrence dans le secteur d’une part (être attentive aux initiatives de ces concurrents, être réactive en veillant à ce que les informations décisives et décisionnelle) et de protéger les activités de leur secteur d’autre part (défendre la performance commerciale des entreprises sur des marchés concurrentiels et éviter une prise de contrôle par un groupe extérieur). La mise en place d’une démarche d’intelligence économique au sein des compagnies de sécurité privée doit être initiée par le gouvernement à travers la mise en œuvre d’un guide de bonne pratique. Cette initiative sera le fruit d’une fertilisation croisée des points de vue entre les différents acteurs (économistes, spécialistes, analystes, agents intelligents etc..) avec le postulat pour l’Etat de garder un droit réglementaire sur ce secteur et pour les entreprises d’accroitre leur compétitive.  

Tag(s) : #INTELLIGENCE ECONOMIQUE

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