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« Apprends qu’un homme n’est pas plus qu’un autre, s’il ne fait plus qu’un autre. »

Miguel de Cervantès

 

La Côte d’ivoire tout juste sortie d’une crise politique et militaire sans précédant, amorce progressivement sa reconstruction. Une reconstruction surtout économique qui sera certainement booster par le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays Pauvre Très Endetté).

Après plusieurs années de tergiversations et bricolages économiques, la Côte d’ivoire selon la vision du Président de la République veut non seulement retrouver le rôle d’un des leaders  économiques en Afrique, mais aussi devenir un pays émergent d’ici à 2020. Telle est la noble ambition du Président pourrait-on dire. Cependant les crises économiques, politiques et sociales qui se sont succédées  depuis les deux dernières décennies ont profondément affecté les ressources de ce pays sans exclusion. Une des ressources la plus vraisemblablement en souffrance reste le capital humain.

Il est appréciable de rêver à un futur radieux. Mais pour parvenir au futur souhaité, il faut se donner les moyens d’y parvenir. Ainsi quel capital humain peut-on générer afin de devenir un pays émergent ? Autrement dit comment peut-on préparer la Côte d’ivoire relever les défis stratégiques du XXIè siècle grâce à son capital humain?

Cette interrogation nous renvoie au concept de valorisation du capital humain condition nécessaire sur la voie de l’industrialisation et du progrès. En effet, le capital humain se réfère à la notion de la théorie de Gary Becker (années 1960 aux Etats-Unis) pour caractériser l’importance décisive des compétences des savoirs dans la détermination de la productivité. La construction de ces savoirs repose non seulement sur l’expérience mais aussi sur la formation qui correspond à un véritable capital qui se rémunère (salaire) et qui se fructifie (productivité).

Nul besoin de souligner que la plupart des réflexions relatives au capital humain analysent le rôle clé joué par les connaissances, compétences et expertises : pour développer le capital humain des individus, il faut investir dans les connaissances et compétences. Si nous souscrivons à cette vision, il convient toutefois de mettre l’accent sur le rôle crucial que joue la formation en matière de capital humain.

La formation, un élément déterminant dans la valorisation du capital, doit être en parfaite harmonie avec la vision du Président. Pour ainsi dire, le futur se construire aujourd’hui et puisque nous voulons être émergent, il nous faut adapter notre formation aux réalités de demain. Il faut une ressource humaine capable de s’adapter aux exigences du monde industrialisé.  Car comme nous le rappelle si bien Michel Dangibeaud dans Assurance et croissance économique, p.92 « Le sous-développement n’est pas le résultat d’un handicap (absence de ressources ou de capital) mais d’une véritable inadaptation des hommes aux structures économiques du monde industriel »

Il revient à l’autorité publique, qui souhaite dans une décennie se hisser au rang des pays émergents, de donner une orientation à ses structures de formation, et ce à tous les niveaux et dans tous les secteurs parce que le capital humain se développe dans des cadres culturels précis. La formation, l’acquisition de connaissances et de qualifications se déroulent tout au long de la vie en différentes occasions : famille, structures d’accueil de la petite enfance, activités formelles de formation, lieu de travail, réseaux professionnels, de manière informelle dans la vie de tous les jours.

Aujourd’hui la Côte d’ivoire voudrait s’appuyer sur l’esprit d’entreprise pour relancer son économie, notamment par les actions entreprises  par le gouvernement toujours selon l’agenda du Président de la République. Dans un contexte général de l'accroissement de compétitivité des entreprises, l'implication du facteur humain, s'il n'est jamais dénié, n'est pas celui qui est le plus naturellement évoqué par les PME.

Or, si le développement du capital humain peut être l'un des éléments importants de la stratégie de compétitivité de l'entreprise, les PME, préoccupées au quotidien par des problèmes de part de marché et appréhendant rarement l'évaluation dans ce domaine, perçoivent moins clairement le lien entre l'amélioration des compétences de leurs personnels et la compétitivité de leur entreprise. En clair, Il ne suffit plus de mesurer les quantités de facteurs de production (capital et travail), il faut aussi prendre en compte la qualité de la main-d’œuvre.

Pourrelever les principaux défis auxquels sont confrontés les divers secteurs industriels et les PME, et pour atteindre son objectif de pays émergent en 2020, la Côte d’ivoire doit formuler des stratégies ou lancer initiatives afin de mieux répondre aux problématiques des acteurs économiques et sociaux. Il peut s’agir de :

Définir les besoins en formation et en qualification en rapport avec la vision du pays

Explorer de nouvelles problématiques propres aux PME (nouveaux métiers & nouveau services)

Valoriser les compétences spécifiques pour les entreprises.

Ces différentes actions s’inscrivent dans long terme (au moins dix ans) plus que le temps d’une législature (cinq ans). 2020 n’est plus très loin, c’est maintenant qu’il faut agir sans attendre que le pays aille ‘‘mieux’’.

Pour finir, nous voudrions rêver d’une Côte d’ivoire émergente en 2020 comme l’auteur Saint Exupery qui dans ‘‘citadelle’’ se voit comme un promeneur qui découvre une ville. Escaladant une colline la surmonte, il voit des hommes et des femmes aller et venir, parler et échanger, c’est la cité des richesses ; il voit sur le fleuve des bateaux en partance chargés de tout ce qu’elle produit, c’est la ville conquérante. Il voit aussi des hommes, des femmes, des jeunes et des vieillards aller dans des églises et des temples. C’est la ville de la foi.

Par conséquent en 2020, la Côte d’ivoire sera un pays émergé, un pays de foi mais surtout un pays de loi.

Tag(s) : #ECONOMIE

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