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(Il n'y a de stratégie d'influence que là où, l'influencé jouit d'une certaine liberté)

Aujourd’hui, comme nous pouvons bien l’observer, la force est un argument de moins en moins utilisable, car de moins en moins recevable dans les opinions publiques, surtout dans certains pays, notamment non occidentaux où de velléités nationalistes sembles sous ‘‘contrôle’’. Ainsi pour faire triompher leur point de vue et imposer leur volonté, les occidentaux s’y prennent de plus en plus différemment et utilisent d'autres moyens. La communication, surtout audio-visuelle, reste une des meilleurs voie pour orienter les opinions au plan mondial.

L’objet de ce post est de défarder la logique de l’influence occidentale en Afrique à travers la communication audio-visuelle. La principale motivation de l’expert provient l’émergence de la très colorée chaîne ‘‘panafricaine’’ A+ du groupe Canal tout juste après vaine tentative de faire disparaitre la seule chaîne panafricaine du continent Afrique Media.

Mise en bouche,

De prime à bord, il faut souligner que c’est la logique de la stratégie l’influence qui a été mise à contribution. En fait, notons que généralement les médias au-delà de leur rôle d’information et autres, ont une mission selon les Etats d’orienter les opinions. Plusieurs pays dits puissants dont la France, à travers le groupe Audio-visuel de l’Extérieur (TV5, F24, RFI…), pratiquent couramment cette méthode, et depuis bien longtemps. En France, comme partout dans ces pays puissants, que les médias soient de service public ou qu’ils servent des intérêts de groupes privés, la volonté impérialiste a toujours été la toile de fond de leur existence. En prenant appui sur la stratégie marketing du groupe Canal plus en Afrique l’analyse questionne la stratégie d’influence de la France en Afrique à partir de la communication.

De la stratégie de segmentation à la ségrégation…

Après Canal+ Ouest et Canal+ centre, le 24 octobre 2014, le groupe Canal+ lançait sa chaîne ‘‘panafricaine’’, A+ dont l’objectif reste de fidéliser et maintenir la croissance des abonnés à Canalsat, avant l'arrivée des mini-bouquets de TNT. Se sentant de plus en plus menacée en Afrique par le lancement des bouquets TNT à bas prix en 2015 (Les Chinois de Star Times proposent ainsi l'installation de fréquences de TNT gratuite avec leur mini-bouquet payant), l’entreprise veut pour ainsi dire anticiper en espérant que A+ soit susceptible de doper ou fidéliser les abonnements à Canalsat.

La segmentation entendu comme l’action de découpage d’une population (clients, prospects) en sous ensemble homogènes selon différents critères (données sociodémographiques, comportement d’achat, etc.) a été l’option choisie par le groupe. Cette segmentation permet à Canal Plus d’effectuer des actions de marketing différenciées en fonctions des segments (voir carte) et de proposer éventuellement une offre produit spécifique à chaque segment. Si a priori cette stratégie reste intéressante, il n’en demeure pas moins vrai que le groupe, au-delà de la vision marketing, contribue à renforcer l’autre aspect de la politique ‘‘balkaniste’’ de l’Europe (occident) vis-à-vis du reste du monde. En clair, les pratiques mercantilistes du groupe ont conduit à une forme de ségrégation qui ne dit pas son nom. Avec très colorée A+, c’est une chaine de noir pour les noirs, sans doute développée par la légion étrangère de Canal Plus c’est la canonisation même de cette vision néo ségrégationniste de la Afrique. De plus, avec un contenu plus ludique qu’instructif, A+ ambitionne de promouvoir une «Afrique moderne et riche de toutes ses cultures», selon Jacques du Puy, président de Canal+ Afrique, qui met en avant une dimension «positive, de bonheur et de joie de vivre».

Implémentation du groupe Canal Plus dans le monde
Implémentation du groupe Canal Plus dans le monde

Par ailleurs, cette chaîne qui ne comporte aucune émission d’information, a but de maintenir et d’encadrer la réflexion des africains tout en limitant leur propension à suivre des d’autres chaînes porteuses de changements comme Afrique Media. L’on se souvient comment le groupe canal ayant compris et saisir l’importance du travail intellectuel et conscientisant de Afrique Media n’eut d’autres recours que la retirer de son bouquet croyant ainsi réduire l’Afrique éclairée au silence. Dommage !

Cette compilation de séries de noirs ou d’africains, digne d’une playlist d’un vidéo club africain des années 90, devrait selon ses géniteurs donner plus choix aux abonnés africains après le concept ‘‘l’heure, c’est la couleur’’. A+, une Nollywood bis serait la panacée pour rendre plus africain le groupe canal plus.

Alors Canal plus Chantre du « panafricanisme » ?

Face à la monter en puissance de Afrique Media, le groupe Canal vecteur néocolonialiste, s’est souvenu des bonnes vielles méthodes de l’impérialisme ; réduire toutes velléités nationalistes ou panafricanistes qu’elles soient politique ou culturelle au silence totale, de façon directe ou par actions interposées.

Ainsi, après les maintes tentatives de sabotages de la vraie chaîne panafricaine Afrique Media, pensée, conçue et développée par les africains pour le monde, le groupe Canal plus eut l’idée du siècle de lancer sa ‘‘chaîne panafricaine’’. L’esprit canal a tellement muri, qu’il veut porter un autre combat ; plus noir que l’Afrique elle-même. Organisation de toutes les ‘‘libertés’’ hier, et voilà Canal plus qui veut se faire le chantre du panafricanisme aujourd’hui. Encore une poudre de perlimpinpin !

De grâce, laisser les africains seuls porter le poids cette ‘‘folie’’. En tant que disposition de l’esprit, valeurs culturelles propre à une civilisation, les africains sont les seuls porteurs d’obligations et détenteurs de droits du panafricanisme. C’est vrai que Canal plus est la chaîne de toutes sortes de fantaisies et d’hérésies populaires, mais le panafricanisme serait ‘‘fardeau culturel’’ trop lourd à porter pour la chaîne cryptée. A+ ne va pas refaire l’Afrique. En réalité A+ est la réponse à la forte audience d’Afrique Media. Alors les occidentaux n’ont mieux que de nous distraire une fois de plus avec la complicité de forces endogènes pitoyables.

En effet, c’est avec des bras séculiers que s’exercent de façon directe ou indirecte cette influence à travers la communication. Il s’agit pour les occidentaux d’orienter les goûts et les préférences des autres civilisations du monde en rendant leur valeur, normes et tradition universelles qu’elle qu’en soit le prix. Comment peut-on appréhender cette stratégie ?

L’influence à travers la communication !

Généralement les occidentaux (et leurs organisations/institutions) apprennent à faire face à des flux informationnels croissants ce qui les conduit à de nouvelles approches du management de l’information. Ainsi dans une posture proactive, ils cherchent toute stratégie qui lie étroitement l’information et l’action. Dans cette perspective, les stratégies d’influence présentent un intérêt particulier en tant qu’outils offensifs de l’intelligence informationnelle.

Les intérêts qui conditionnent les rivalités économiques d’aujourd’hui ne reposent pas seulement sur des paramètres d’ordre commercial ou financier. Ils doivent également intégrer des variables culturelles, sociétales, bref des idées et des représentations du monde. C’est à ce carrefour entre élaboration des stratégies d’influence et prise en compte des enjeux de la compétition économique que se déploie la démarche stratégique mise en place par la plupart des médias occidentaux. Comment se rendre crédible aux yeux du reste du monde ? En effet, être crédible exige de dire clairement où l’on va, de le faire savoir et de donner des repères.

L’une des meilleures manières d’y parvenir reste de loin la stratégie d’influence, qui se peut se définir comme : « la combinaison d’un ensemble de modes d’actions, exercés de manière directe ou indirecte, ouverte ou couverte, vis-à-vis de personnes, de collectivités, d’organisations et/ou d’Etats, en vue d’acquérir un meilleur crédit, de prendre de l’ascendant et finalement d’orienter les décisions dans le sens souhaité ».

Selon les auteurs de l’influence (cibles et actions), cette influence se décline sous plusieurs formes. De l’action d’une personne sur autre (influence personnelle) à l’action d’un pays sur une nation ou autre pays (géostratégie), l’influence s’exerce dans tous les milieux. Le cas que cette analyse tente de mettre en exergue est celle qui part d’une entreprise, organisation, administration vers un groupe social (formatage culturel, social learning). En effet, le social learning est une forme d’influence dont l’objectif est d’imposer une norme culturelle, définir un référentiel de société, par exemple dans les objectifs de conquête de nouveaux marchés. Cette explication colle bien avec l’activité exercée par les groupes de médias français vers le reste du monde surtout vers l’Afrique francophone. Par cette pratique de l’influence avec pour support la communication, leurs valeurs et les normes occidentales sont presque devenues universelles.

En d’autres termes, l’influence peut ainsi être perçue comme le processus par lequel les procédés de communication stratégique mis en œuvre par un acteur social, politique (idéologie française) ou économique (entreprise/groupe canal) parviennent à structurer les actions et les pratiques des acteurs cibles (Afrique, caraïbes pacifique…).

Par conséquent, retenons que la stratégie d’influence ressemble à toute combinaison d’un ensemble de modes d’actions, exercés de manière directe ou indirecte, ouverte (marketing de canal plus dans notre cas) ou couverte (prétexte panafricaniste), vis-à-vis de personnes, de collectivités, d’organisations et/ou d’Etats, en vue d’acquérir un meilleur crédit, de prendre de l’ascendant et finalement d’orienter les décisions dans le sens souhaité.

Voici un peu comment, des organisations soutenues par des idéologies nationales orientent selon leur bon vouloir l’information dans le monde tout en restant mettre des enjeux économiques. Malheureusement pour l’Afrique au lieu de déconstruire ces pratiques qui ne profitent qu’occidentaux, certains africains se font le relais de ces médias, grâces à des forces endogènes incapables de construire une communication crédible de ce qui se passe dans le monde. Et lorsqu’un média africain digne de ce nom parvient à prendre le contrepied de cette ‘‘arme de destruction massive’’ que représente la communication influencée, celui-ci est aussi tôt combattu par certains africains soucieux de préserver leurs acquis mal acquis.

Pour revenir, à notre élément, apprenons que A+ est un parfait alibi pour encore canal-liser la conscience de ceux qui n’ont à tord ou à raison d’autres sources que ces macrocéphalies médias occidentaux pour s’abreuver (s’instruire et se distraire).

Pour finir, gardons en esprit que l’influence, stratégie indirecte visant à obtenir d’autrui un assentiment ou un comportement, soit par le prestige de son image, soit par une forme quelconque de persuasion ou de « formatage » des critères de jugement, soit, enfin, par la médiation d’alliés ou de réseaux. C’est tout simplement l’ « art de faire vouloir à autrui ce que vous voulez ». L’influence est comme un vent qui souffle et dont on en ressent les effets qu’une fois avoir eu le contrôle de sa cible, le mieux c’est de rester aux commandes car un vent qui souffle trop fort apporte le plus souvent son lot de tristesse.

Tag(s) : #INTELLIGENCE ECONOMIQUE, #VEILLE STRATEGIQUE, #PROSPECTIVE, #ECONOMIE

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